40 ans séparent la première transplantation hépatique réalisée en France en 1972 par le Professeur Georges Marchal au CHRU de Montpellier de la 1000ème effectuée dans le même établissement, en décembre 2013 par les équipes du Pôle Digestif. Entre temps, cette activité a connu plusieurs années d’interruption du fait de difficultés rencontrées dans les traitements immuno-suppresseurs (anti-rejet). Relancée en 1989 par les Professeurs Baumel, Michel et Domergue, la greffe de foie s’inscrit désormais dans une filière d’excellence. Plusieurs chiffres résument les performances de ce pôle parmi les plus actifs de l’hexagone : 69 greffes hépatiques en 2012 et un taux de survie à 2 ans est supérieur à 90% et à 5 ans de plus de 70%.
 
Une part de ce succès revient aux praticiens de renom, les chirurgiens cités plus haut et aux spécialistes comme le Pr Georges-Philippe Pageaux du département d’hépato-gastro entérologie, référent international pour les cirrhoses alcooliques. Mais, la 1000ème transplantation hépatique est aussi l’occasion pour le CHRU de rendre hommage aux compétences de toute la chaîne humaine mobilisée à chaque greffe et à la générosité des donneurs et de leurs proches : diagnostic et suivi du patient, consentement de la famille, l’équipe de chirurgie digestive et transplantation, les anesthésistes-réanimateurs, les professionnels soignants du bloc, etc.
 
Cependant, malgré la forte activité du service de Montpellier et des 20 autres centres qui ont greffé ensemble 1 159 foies en 2013, il reste toujours un grand nombre de patients en attente : près de 1 000 en France et leur liste s’allonge de 150 nouveaux noms chaque année mettant en lumière la cruelle pénurie de greffons.
 
Des besoins croissants
En France, le nombre de patients nécessitant une greffe est en constante augmentation, toutes régions confondues. Ainsi, le nombre de nouveaux malades inscrits sur les listes a progressé de près de 30% entre 2005 et 2010 : il s’élève désormais à 24,4 patients par million d’habitants (données 2010, Agence de la Biomédecine).
L’Agence de la Biomédecine constate en outre que les patients inscrits sur les listes d’attente sont actuellement plus âgés qu’il y a une dizaine d’années : ainsi, l’âge moyen des patients inscrits est de 51 ans en 2010, contre 45 ans en 2000.
La greffe de foie est la deuxième transplantation la plus pratiquée, après celle du rein.
 
La greffe de foie : solution ultime pour certaines pathologies
Le foie est le plus gros organe du corps. Il assure essentiellement des fonctions de synthèse et d’élimination. Les principales maladies du foie sont des maladies génétiques ou congénitales du foie, des cancers, des hépatites virales ou médicamenteuses, des maladies auto-immunes ou dues à la consommation excessive d’alcool. Dans 70% des cas, la greffe de foie est réalisée suite à une cirrhose. Celle-ci peut être virale (60% des cas – exemple : hépatite C) ou alcoolique (40% des cas).
Le foie possède une remarquable capacité de régénération après la plupart des maladies qui le touchent. Cependant, dans certains cas, il peut subir des dommages irréversibles qui vont laisser des séquelles et nécessiter une greffe de foie. Lorsque le diagnostic est posé, le patient bénéficie, au cours d’une hospitalisation, d’un diagnostic complet de son état de santé, permettant de déterminer s’il peut subir une greffe. Si les tests réalisés le confirment, il sera alors inscrit sur la liste des patients en attente de greffe. Il s’agit d’une liste nationale, classant, selon des priorités médicales, l’ensemble des patients en attente d’une transplantation.
Reseau-CHU

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