Poches de nutrition : quatrième décès suspect au CH de Chambéry

La justice enquête sur le cas d’un quatrième bébé décédé au mois de mars au CH de Chambéry 

SolutésLa ministre de la Santé Marisol Touraine a indiqué ce 15 janvier qu’un quatrième nourrisson décédé à l’hôpital de Chambéry en mars dernier avait reçu une poche de nutriment du laboratoire Marette, mais “pas du même lot” que les autres bébés décédés en décembre dernier.  

Le laboratoire Marette avait fourni les poches de nutrition probablement à l’origine de la mort de trois nouveau-nés en décembre dans cet hôpital.

 “Il est trop tôt pour savoir si les causes de la mort de ce bébé sont les mêmes” que pour les trois autres, a souligné Marisol Touraine, précisant que le nourrisson était décédé dans le service de réanimation néonatale de l’hôpital.

“J’ai demandé que l’ensemble des cas de décès ou d’accidents intervenus pour des nourrissons dans l’un des seize établissements approvisionnés par le laboratoire Marette soient signalés au niveau national (…) Nous obtiendrons l’ensemble des résultats en milieu de semaine prochaine, sans doute, a annoncé la ministre de la Santé. J’ai lancé dans le même temps une enquête sur l’organisation au sein de l’hôpital de Chambéry et nous disposerons de l’ensemble des résultats de cette enquête la semaine prochaine“.

Concernant le petit Matheo décédé en mars dernier,  des suspicions sont apparues à partir de la lecture des dossiers médicaux. La juge d’instruction de Marseille, chargée du dossier, Annaïck Le Goff, s’est rendue, hier à Chambéry, accompagnée de deux autres juges d’instruction co-saisis, du procureur de Marseille, d’enquêteurs et d’experts (pharmaciens et médecins) avec qui elle travaille habituellement. Ils ont saisi des dossiers de l’hôpital et inspecté le service de réanimation néonatale.

Une enquête sur l’organisation au sein de l’hôpital de Chambéry

Dans un communiqué, le centre hospitalier de Chambéry a indiqué qu’il venait d’entamer “l’examen des dossiers médicaux des enfants décédés par choc septique depuis le début de l’année 2013”.

Trois familles ont déjà porté plainte contre l’hôpital. La juge d’instruction a ouvert une information judiciaire contre X pour « homicide et blessure involontaires, mise en danger délibérée de la vie d’autrui et fabrication de médicaments sans respecter les bonnes pratiques ». L’enquête concerne aussi bien la production que l’administration et est élargie à toute la France.

A la suite de la révélation de ce quatrième cas suspect, les parents d’un des nourrissons morts en décembre ont appelé “tous les parents dans le doute quant au décès brutal de leurs bébés à se signaler”, dans un échange avec la presse.

La production de poches stoppée

Rappelons que le 8 janvier, l’ANSM avait rendu une décision ordonnant la suspension de la production des poches parentérales, pour une durée de trois mois, avec mise en quarantaine des poches fabriquées et non encore distribuées, à “titre conservatoire et par précaution“. Décision que le laboratoire a mis immédiatement à exécution.

L’avocat du laboratoire, Me Lemaire a souligné le 14 janvier qu’à ce “stade de l’enquête administrative et judiciaire, demeure inconnue l’origine des entérobactéries décelées sur les poches fabriquées” par ses services. “Toute conclusion hâtive serait donc infondée, alors qu’aucune piste ne doit être écartée sur la chaîne des responsabilités, de la fabrication à l’administration desdites poches, en passant par leur transport et leur stockage” au sein du CH de Chambéry.

Cyrienne Clerc


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