Alors que François Hollande était resté flou lors de sa conférence de presse du 14 janvier sur la prochaine loi sur la fin de vie, la décision de justice interdisant de stopper l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert crée des remous.

JLC15-250x163” Il s’agit de permettre à toute personne majeure atteinte d’une maladie incurable, provoquant une souffrance psychologique ou physique insupportable de pouvoir demander dans des conditions strictes une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité”, a indiqué le président de la République lors de la conférence de presse du 14 janvier.

Concernant la future loi qui viendrait compléter la loi Leonetti , “je souhaite que ce texte puisse être élaboré sans polémiques, sans divisions et simplement dans l’idée qu’un cheminement est possible pour rassembler toute la société », a-t-il ajouté.

Les pro-euthanasie ou suicide médicalement assisté peuvent y voir la réaffirmation d’une promesse de campagne du candidat François Hollande. Les “anti” en sortent aussi rassurés.

Didier Borniche, le président du Conseil national de l’Ordre des infirmiers, qui avait affirmé, il y a quelques semaines, « il y a incompatibilité complète de l’assistance à mourir, du suicide assisté, a fortiori de l’euthanasie, avec le rôle de l’infirmier et ses règles professionnelles », assure désormais : ‘’ce que le président de la République a annoncé mardi va dans notre sens. Car nous avions demandé le temps pour un grand débat sur ce vrai problème.’’

Le cas Vincent Lambert

Mais l’actualité des derniers jours est venue relancée le débat. Suite à la décision d’euthanasie passive, prise par  les médecins de Vincent Lambert, un tétraplégique en état de conscience minimale, en accord avec sa femme et une partie de sa famille, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s’est prononcé, jeudi 16 janvier, contre la décision du CHU de Reims d’arrêter l’alimentation de Vincent Lambert.

Le tribunal a «jugé que la poursuite du traitement n’était ni inutile, ni disproportionnée et n’avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie et a donc suspendu la décision d’interrompre le traitement». Certains membres de la famille vont faire appel devant le Conseil d’Etat.

Le député UMP Jean Leonetti, auteur de la législation actuelle sur la fin de vie, estime cependant que sa loi pouvait s’appliquer au cas de Vincent Lambert, même si ce dernier n’est pas atteint d’une maladie incurable.

Quant à la ministre de la santé Marisol Touraine, elle indique que la loi Leonetti sur la fin de vie ne suffit “à l’évidence” pas. La loi actuelle, a-t-elle ajouté, “comporte des ambiguïtés qu’il faut lever puisqu’on voit bien qu’il y a des appréciations différentes entre les médecins, la famille et les juges sur ce que cette loi permet de faire (…) Les politiques doivent assumer la responsabilité qui est la leur lorsque cela est nécessaire “.

Adoptée en 2005 la loi Leonetti prévoit notamment que les médecins peuvent, après avoir recueilli l’avis des proches, interrompre des traitements “inutiles ou disproportionnés et dont le seul but est le maintien artificiel de la vie”.

La ministre s’est en revanche refusée à fournir un calendrier précis. “Je vais engager des consultations avec les familles de pensée dans les prochaines semaines et faire en sorte de favoriser le consensus le plus large possible” a-t-elle précisé.

Rappelons que la Conférence des citoyens  s’est prononcée le 16 décembre en faveur de l’autorisation de la sédation en phase terminale et de la légalisation du suicide médicalement assisté « reposant avant tout sur le consentement éclairé et la pleine conscience » de personnes « en fin de vie ou atteintes d’une maladie incurable ou irréversible ».

Le débat est loin d’être bouclé !

À l’origine, l’euthanasie (en grec ancien : ευθανασία : ευ, « bonne », θανατη, « mort ») désigne le fait d’avoir une mort douce ou heureuse, que cette mort soit naturelle ou provoquée. Dans une acception plus contemporaine et plus restreinte, l’euthanasie est décrite comme une pratique (action ou omission) visant à provoquer — particulièrement par un médecin ou sous son contrôle –  le décès d’un individu atteint d’une maladie incurable qui inflige des souffrances morales et/ou physiques intolérables.

 


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