IFSI DOLE : CULTURE GENERALE 2006

TEXTE N°1

“Partir de chez-soi pour entrer en maison de retraite, c’est renoncer à sa dernière liberté, se trouver confronté à un changement radical de son cadre et de son mode de vie”, explique Arielle, conseillère à la Maison des seniors de Montpellier. Une telle décision signifie anticiper son vieillissement et envisager la possibilité du handicap – qui touche 20 % des octogénaires. Rares sont les personnes âgées comme Rachel qui mûrissent leur projet. Encore valide mais lasse de vivre dans un vaste appartement qu’elle a du mal à entretenir, elle a obtenu, après de longues démarches, un studio dans un foyer-logement de la Ville de Paris, à quelques encablures de son ancien domicile. Dans la plupart des cas, le placement en maison de retraite s’opère dans l’urgence, à la suite d’une hospitalisation. C’est traumatisant, tant pour l’intéressé, qui se sent abandonné, que pour sa famille, qui culpabilise.A la douleur de la séparation s’ajoute parfois la découverte d’un univers traumatisant. “Pour ma belle-mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, il a fallu nous contenter provisoirement de la seule maison qui avait des places libres, raconte Marc. Lorsque j’ai vu dans le hall la quinzaine de vieillards prostrés dans leur fauteuil roulant avec la télévision qui hurlait, j’en ai eu le coeur serré.” Chercher une solution dans la précipitation risque de laisser le choix antre des dépenses élevées ou un établissement médiocre.
M. Bobasch. Le Monde 16.11.2005. p27

Comment aider les personnes agées à se préparer à cette nouvelle phase de leur vie ?

TEXTE N°2

“En France, 900 000 personnes reconnues handicapées se retrouvent sur le marché du travail. Quelques 120 000 fréquentent des structures spécifiques offrant des conditions de travail aménagées (dans des centres d’aide par le travail ou CAT) et 500 000 travaillent en milieu ordinaire, au même titre que les salariés valides. Mais plus du quart d’entre elles sont à la recherche d’un emploi. Le taux de chômage des personnes handicapées atteint en effet 25%, soit plus du double de celui de la population active. Car si la loi du 10 juillet 1987 impose aux entreprises d’au moins 20 salariés d’employer 6% de travailleurs handicapés, moins de la moitié (45%) remplissent cette obligation. Les autres préfèrent payer une contribution à l’Agefiph (le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées) plutôt que de respecter ce fameux quota de 6%. Des raisons objectives expliqueraient en partie cette situation : la population des travailleurs handicapés est dans l’ensemble moins qualifiée et plus âgée que la moyenne des actifs. Mais le plus grand obstacle à l’accès à l’emploi, c’est la représentation que se font les valides – employeurs comme salariés – du handicap.”
Handicap et emploi, Marie-Pierre Noguès Ledru – Vies de famille, Octobre 2005

Quelles représentations les valides se font-ils du handicap ?

TEXTE N°3

La banalisation du mal On ne passe pas de la délinquance ordinaire à l’assassinat. Pour arriver à cette extrémité, il y a une longue montée en puissance, une dégradation des valeurs morales et un apprentissage de la banalisation du mal. Ce genre d’acte n’est pas l’oeuvre d’une personne seule. Pour se détacher des règles collectives, il faut appartenir à un groupe. A un certain degré de violence, il faut un commando, un esprit l’équipe, exactement comme dans une équipe de football. C’est le groupe qui fait exister les valeurs. Un individu seul ne peut se dégager de la morale (sauf quand il devient fou). Les gens sont toujours stupéfaits lorsqu’un criminel ne ressemble pas à un criminel. Mais, on peut préparer un crime et donner des gâteaux aux enfants. Les pirates de l’air demandent poliment du feu après avoir détourné un avion. Il s’agit de deux niveaux de réalité qui fonctionnent indépendamment l’un de l’autre : la civilité d’une part, ce qui relève de normes profondes d’autre part.
Sébastien ROCHE, politologue – L’express, du 23 février au 01 mars – (à propos de l’enlèvement et du meurtre
d’un jeune homme)

L’habitude banalise-t-elle le mal ?

TEXTE N°4

Les établissements de santé subissent de plein fouet la violence présente dans notre société. Aujourd’hui, les professionnels de santé n’en sont plus épargnés et ce, qu’elle soit physique ou morale. De la simple agression verbale au passage à l’acte, la violence envers les soignants s’exprime de multiples manières, et l’hôpital n’est plus ce lieu protégé de dispensation de soins. Même si tout événement n’a pas une conclusion dramatique, ces actes font partie du quotidien du soignant. La violence à l’hôpital est une réalité. Elle s’exerce contre les soignants mais aussi de la part des soignants contre les patients. Lorsque trop d’éléments stressants se conjuguent, le stress professionnel devient souffrance et engendre une violence qui submerge les équipes soignantes. Il arrive alors que le soin perde son sens, entraînant les soignants à manquer de sang-froid et parfois à adopter des comportements limites envers les patients car la violence leur semble le seul moyen pour s’affirmer, rompre avec une situation. Dans les institutions pour personnes âgées, par exemple, face à la vulnérabilité du vieillard qui fait de une victime potentielle, le soignant peut adopter, sans en avoir conscience, un comportementqui génère de la souffrance se traduisant par une conduite malveillante, blessante, voire agressive.
“Prévenir la violence dans les soins” SOINS n° 698 – Septembre 2005

Que pensez-vous de ce texte ?

TEXTE N°5

Les difficultées des adultes face à l’écrit : L’évaluation des compétences en milieu scolaire est une pratique courante, donnant lieu depuis longtemps à des mesures standardisées, pour juger en particulier de l’évolution du niveau des élèves. Les compétences des adultes sont moins bien connues, car il faut alors proposer des exercices à des personnes qui ne sont plus habituées à en faire, à leur domicile, dans un contexte moins favorable que le cadre scolaire. C’est en respectant ces contraintes que l’enquête Information et Vie Quotidienne (IVQ) a été menée en novembre 2002 dans 10 régions de France métropolitaine : plusieurs séries d’exercices ont été élaborées sur des supports de la vie quotidienne, qui tiennent compte des différents niveaux de compétences dans la population. Les femmes sont moins souvent en difficulté que les hommes : 10 % contre 14 % des hommes. Les jeunes sont moins souvent en difficulté que les personnes âgées : 4 % des 18-24 ans contre 19 % des 55-65 ans. Ces derniers ont en effet fréquenté moins longtemps l’école : 40 % des plus de 55 ans n’ont pas dépassé l’enseignement primaire contre moins de 5% parmi les moins de 40 ans, ce qui explique une grande part de l’écart dans le domaine de la lecture. De plus, pour certaines personnes, une faible pratique de l’écrit depuis la sortie du système éducatif a pu provoquer l’effritement des compétences initialement acquises. La proportion de personnes en difficulté est quasi nulle parmi celles passées par l’enseignement supérieur ou ayant au moins le bac. Les personnes nées en France qui parlaient français avec leurs parents durant leur enfance ne sont que 7 % à éprouver des difficultés à l’écrit. Ce taux atteint 11 % pour les personnes nées en France et ayant utilisé une autre langue dans leur enfance. Le taux est le même pour les
personnes nées hors de France mais dont la langue maternelle est le français.
Fabrice Murat, division Emploi, Insee

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